La mangrove

 

 

Les mangroves couvrent environ 1.850 ha en Martinique, dont 650 ha dans les baies et les anses de la côte atlantique et sud de l’île et le reste dans la Baie de Fort-de-France (1.200 ha). Au sein de la mangrove, on distingue une succession de ceintures de végétation : une ceinture maritime à Rhizophora, suivie par une ceinture arbustive à Rhizophora, Avicennia et Laguncularia, une ceinture forestière interne dominée par Rhizophora et une ceinture forestière externe, dominée par Avicennia et Laguncularia (Brossard et al., 1991).

 

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                      Mangrove sur la presqu'ïle de la Caravelle et Baie du Gallion

Souvent mal connue, de surcroît mal aimée et au rôle écologique mésestimé, la mangrove n'en constitue pas moins l'un des plus intéressants espaces forestiers de Martinique et des régions tropicales. Forêt amphibie, elle ne se rencontre en effet que sous les tropiques, dans des eaux qui ne connaissent pas une température inférieure à 22°c, et se caractérise par un nombre très restreint d'essences, particulièrement bien adaptées au milieu original dans lequel elles croissent. En outre, elles ne peuvent se développer que dans des zones calmes, peu profondes, et c'est pour cette raison qu'on les trouve surtout au fond de baies, bien protégées. Il convient, toutefois, d'établir une distinction entre mangroves lacustres et mangroves marines.

Uniques en Martinique, coupée en deux par la RN 1 et située entre l'usine du Galion et la Trinité, la mangrove lacustre se caractérise par la présence d'une seule espèce, le mangle médaille (Pterocarpus officinalis) dans une zone inondée non salée.

Les mangroves marines sont plus répandues en Martinique ; on y distingue plusieurs zones bien différenciées.

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                              Zone pionnière à Rhizophora, le Palétuvier Rouge

Une zone pionnière, tout d'abord, qui "gagne" continuellement sur la mer grâce au rôle colonisateur du mangle rouge (Rhizophora mangle). Facilement reconnaissable à ses racines aériennes en arceaux, c'est sans doute l'arbre le plus typique de la mangrove et la seule espèce végétale à reproduction vivipare. Puis vient une zone intérieure, au sol vaseux le plus souvent recouvert par la mer, où se développe le mangle gris (Avicennia nitida) remarquable par ses pneumatophores, excroissances des racines qui sortent perpendiculairement de la vase.

Un rôle essentiel pour l'environnement :

En Martinique, les mangroves occupent plus de 1 800 ha, soit 6 % des zones boisées et 1 ,5 % de l'Île, ce qui souligne leur importance. La plus étendue et la plus puissante est de loin celle de la baie de Génipa, mais souvent les mangroves de la baie des Anglais et de la Caravelle sont également particulièrement intéressantes.

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            Crabes Violonistes dans la vase

En tant que forêts, elles contribuent au renouvellement de l'oxygène de l'air et à l'absorption du gaz carbonique, ainsi qu'à sa purification en fixant les particules de poussières. De plus, elles constituent une tache de verdure tout au long de l'année, dans des sites souvent desséchés par les durs carêmes, et exercent un attrait touristique indéniable. Elles sont également actives dans la conquête des zones marines, dans la fixation des sols par la sédimentation et dans la protection du littoral contre l'érosion marine.

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   Insectes et Reptiles occupent la zone aérienne

Mais c'est surtout par leur impact sur la faune, et plus particulièrement sur la faune marine, et par conséquent sur les activités de pêche, qu'elles jouent un rôle prépondérant et vital. En plus d'abriter une faune nombreuse et variée, on ne compte pas moins de 85 espèces différentes d'oiseaux, dont 43 sédentaires; la mangrove joue un rôle irremplaçable dans le cycle de développement de certaines espèces marines. Les juvéniles des langoustes en particulier y trouvent nourriture et protection.